Les expositions temporaires de l'AMRA
depuis 1992
Exposition "La
présence de l’humain
dans la peinture contemporaine à Lyon"
19 mars au 25 mai 2006
L ‘exposition en quelques mots sur quelques artistes…
Giorda triomphe avec son “ grand
nu ” saisi à vif, entre l’austère “ portrait
de femme ” d’Etienne Morillon,
très structuré à l’exemple même
de la leçon de Cézanne, et l’onctueux et
sensuel “ nu renversé ” de Pierre
Combet-Descombes, plus enclin à épouser
la poésie de Baudelaire. Charles Giaume,
questionne le monde avec “ ligne de mire ” ou
la “ femme au périscope ”, qui recherche
angoissée, au travers de l’instrument, la présence
de l’humain, quelque part, ailleurs… En vain ?
Voyons
aussi les “ autoportraits ” de Raymond
Grandjean et de Jacques Poncet. Ils
affirment la présence de l’artiste “ signant
son tableau ” juste avec la main qui confirme l’identité du
peintre. Dire la présence par l’absence, c’est
ce que dit aussi Lucien Marduel, avec “ les
chaussures ” qui –à l’image de
celles de Van Gogh- signifient l’humain à travers
l’objet “ abandonné ” qui
lui appartient. Chez Jean Michel Hardy la
lumière d’une fenêtre allumée est
aussi preuve flagrante de vie. Robert Düran nous
amène à partir du “ cerf volant, à repenser
l’histoire des “ apôtres ” ou
ce moment des Ecritures lorsque Jésus –enfant-
instruit les prêtres du temple. Düran nous invite à faire
confiance à cet enfant, sauveur du monde…Gasquet est
plus “ violent ” dans l’apparence,
il donne à l’image de la chair, une dimension
mystique. Hélène Daumain présente
le portrait de “ l’homme à la chemise
rose ” dans sa beauté crue. Estela
Torrès montre l’enfant dans sa vérité,
avec tant de questions dans son regard innocent…René Münch dans
un magistral portrait à la craie noire, met en scène
d’une poignante façon, la réalité d’un
visage, dans ce qu’il peut avoir à la fois d’ingrat
et de poétique. Batail dans un dessin
proche de la photographie, raconte simplement la vie dans son
apparence autour de lui…
Truphémus nous questionne dans ses
portraits esquissés, où l’humain est brossé en
quelques traits pour marquer l’espace et le temps. Marie-Thérèse
Bourrat dans un “ portrait à l’encrier ”,
dit toute l’importance de “ l’écriture ” qui
survit à l’humain…Scanreigh rend
un bel hommage “ renversé ” à Baselitz. Ariel continue
de raconter le long périple des corps jusque vers
la porte de l’ultime jugement. Evaristo salue
magistralement le grand poète que fut Kowalski. Jean
Couty, nous propulse en Afghanistan, quand le monde
n’avait pas encore basculé et que les visages
exprimaient fierté et révolte. Andrieu nous
fait toucher du doigt les souffrances de “ Saint
Jean ” le disciple qui fut le plus proche du Christ
au point de porter la couronne d’épines, à son
tour. Fusaro bouleverse son paysage, offrant
dans cette “ nativité ” toute
la tendresse donnée au monde ce jour de la naissance
du fils de Dieu, dans une modeste étable devenue célèbre. Veimberg et Régis
Bernard permettent à la foule de susurrer,
de créer une musicalité des espaces et d’affirmer
l’omniprésence des bruits qui assurent (et rassurent)
par la vie qu’ils écrivent en toile de fond. Sonny
Meyer nous invite à découvrir de multiples
visages dans un puzzle ou surgit l’enfant disparu…Nous
découvrons Jim Leon, avec une affiche “ psychédélique ” ou
l’artiste pose des questions existentielles “ How
do you feel ? ” ou Alice, résume son
propre univers et ouvre sur une vision d’éternité qui
ressemble à l’amour et à la mort, inéluctable
porte sur l’ailleurs…
En fait, dans cette richesse des expressions diverses et multiples,
nous devons nous poser la question de savoir si les peintres
ne recherchent pas toute leur vie, à travers la représentation
de l’humain, à immortaliser “ l’impossible
portrait de Dieu ” ?
Bernard Gouttenoire
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